Réveil de bonne heure. Ce matin, nous surfons avec Bruno et Linh, deux jeunes indonésiens. Ils nous emmènent à bord de leur 4×4 pour la plage voisine de Grupuk. Nous découvrons la route qui longe la côte… Elle est trouée sauf autour du Novotel, où le goudron est nikel… Il y a quelques années un projet hôtelier a avorté, mais il laisse ces quelques traces goudronnées. Nous craignons cependant avec l’arrivée du futur aéroport un regain du projet…
Après trente bonnes minutes de voiture, nous débarquons dans un tout petit village. Il n’y a rien… Juste quelques habitations en bois. On se demande s’il y a l’électricité… Comment va évoluer ce village… Très vite nous nous retrouvons sur un bateau de pêcheur, Azz un haut de lycra sur le dos. Nous traversons l’anse. Dans le bateau nous cherchons avec impatience les surfeurs. Où allons-nous surfer ? Où est le coin des débutants ! Nous cherchons une plage mais c’est au beau milieu de l’eau que nous sommes largués avec nos planches.
Nos professeurs nous ont briefés sur la plage, il n’y a plus qu’à mettre en application. Plus facile à dire qu’à faire. Première chose : s’assoir sur la planche… Ca a l’air simple mais il faut trouver le centre de gravité de la planche et gérer son équilibre, tout ça avec quelques vagues qui viennent nous fouetter… Les premiers essais ne sont très concluants mais nous font bien rire !
Après cette première épreuve, nous devons nous allonger sur notre planche et nager à l’aide de nos bras vers les plus grandes vagues… Ca se complique, ça se complique ! Notre équilibre précaire tient le coup, mais c’est plus difficile qu’on le pensait de nager qu’avec les bras. La planche est large et nous empêche une certaine liberté de mouvements. Les vagues nous fouettent et nous renversent… Mais nous finissons par nous trouver dans le coin tant convoité des surfeurs ! On lutte contre les vagues qui nous tapent, puis nos profs nous disent de nous retourner de façon à avoir les vagues dans le dos. Azz et son prof s’éloignent un peu de moi. Je le vois prendre une vague, très rapidement il se met debout !! Il va loin, très loin ! Je suis bluffée ! Je dois y arriver moi aussi, ça à l’air trop bien ! Linh me sort de mes rêves et me dit de commencer à nager avec cette fois les vagues dans le dos… Le grand moment est arrivé !
Je nage aussi vite que je le peux. Ce n’est pas évident. Puis tout à coup je sens que ça devient de plus en plus facile, d’ailleurs je n’ai plus rien à faire, ma planche avance toute seule ! Je suis allongée sur la vague ! Bruno que je croise un peu plus loin me dit de me mettre debout ! J’avais complètement oublié que ça se passait debout le surf ! Allez, je me mets sur mes genoux, puis rapidement debout… Incroyable, ça tient, je suis debout sur la vague !! Je flotte sur l’eau, je vole sur l’eau… Je ne sais pas trop en fait, mais les sensations sont supères ! J’ai l’impression d’aller vraiment vite… Enfin j’avais l’impression d’aller vite, me voilà à l’eau… Je ne sais pas trop ce que j’ai fait, car vraiment une fois debout on a l’impression que la planche est fixée dans la vague et que rien ne peut la décliper…
Je veux recommencer, je veux recommencer ! Sauf que là il faut ramer avant de pouvoir reprendre une vague… Je suis loin du coin des surfeurs. Je vois qu’Azz est encore plus loin… Allez je rame, je devrais bien y arriver… Tout se passe bien quand j’affronte la fin des vagues. Mais quand les vagues sont importantes, je n’arrive pas à passer outre. Je suis emportée dans le rouleau qui m’entraine vers le fond. Je me rappelle des conseils d’un franco-irlandais rencontré hier, ne pas paniquer au risque de remonter trop tôt et de se cogner la tête avec sa planche… Alors je patiente, je me soumets à cette machine à laver, en retenant mon bas de maillot de bain qui fuit avec le rouleau. Je patiente, mais mes poumons ont leur limite. Allez je remonte, une main qui tient le maillot de bain, l’autre au dessus de ma tête. Par chance je ne me cogne pas, mais je me rends compte que le rouleau m’a emmené au point de départ. Azz est maintenant devant moi ! Je me repose un peu sur la planche. Tant pis pour les vagues qui me ramènent en arrière. C’est fatiguant de pagayer comme ça. Il me faudra bien 15 minutes pour remonter au point de surfeurs. Azz est fatigué aussi, il vient de plus loin que moi ! Azz se remet en selle, il repart à toute vitesse, toujours très loin, peut-être trop loin. Mon deuxième essai ne sera pas concluant : je ne suis pas poussée par la vague, mais vers le fond. Je tiens mon maillot d’une main et de l’autre je me tiens la figure. Je viens de me prendre un coup de planche dans le nez, je connais des sensations plus agréables.
En une heure de surf, j’aurai réussi à surfer deux vagues, je me serais faite emporter par trois sans réussir à les prendre, je me serais fait mal au nez et mal au pouce gauche (un mauvais coup sûrement…). Mais j’ai vraiment beaucoup aimé, cette sensation de liberté, de voler. Mais je suis rassasiée, je me pause sur le bateau, pendant que je vois mon pauvre Azz lutter avec les vagues pour remonter. Il me rejoint sur le bateau, il est KO mais plus téméraire que moi, car il y retournera !
Le reste de la journée, nous bullons ! Nous sommes lessivés mais vraiment contents ! Nous retrouvons nos copains en fin de journée avec qui nous mangeons, pour la dernière fois. Demain ils retournent en France. Nous voilà encore orphelins. A chaque fois on rencontre des gens supers, on s’attache et voilà qu’ils s’en vont… Les risques du métier, certainement ! Ils ont rendu leur hôtel car ils partent dans la nuit pour l’aéroport de Mataram. Ils passent donc la soirée chez nous, mais chacun est fatigué ! Nous regardons quelques épisodes de How I met your mother et sombrons chacun notre tour dans un court sommeil.
Pas beaucoup de photos, juste un Azz pensif !