J325 – Les effroyables mines de Potosi - 22 mars
Lundi, 3 mai, 2010D’après notre guide francophone Xavier, ce n’est pas du tourisme que nous allons réaliser mais c’est une expérience sociale que nous allons vivre aujourd’hui. Ainsi, après un délicieux petit-déjeuner very cheap au marché nous rencontrons le reste du groupe. 4 français en vacances, Selim un français de Gennevilliers en vadrouille en Amérique du Sud et un couple franco-italien-israélien.
Avant de découvrir l’enfer des mines, nous nous arrêtons au marché pour acheter quelques cadeaux aux mineurs : des boissons, des biscuits, des gants, des offrandes pour le dieu de la mine. Et puis c’est parti, nous roulons jusqu’au sommet d’une montagne curieusement chargée en minéraux comparée à ses voisines. Aujourd’hui la montagne s’est transformée en un véritable gruyère, des tunnels et des tunnels sont construits dans la montagne. Au début de l’exploitation des minéraux, il suffisait de se baisser pour récupérer de l’argent qui était « à fleur de roche ».

Vendeuse de coca au village des mineurs








Equipés nous pénétrons dans l’antre du dragon. A l’intérieur, un bruit infernal, des générateurs qui envoient de l’air comprimé dans les tunnels, et une chaleur à crever. Pas de trains ou d’ascenseur, tout se fait à la main. Les galeries avancent de 40cm par jour, imaginer le temps et le nombre de mains qui ont été nécessaire à la création de ce dédale est vraiment incroyable… Aujourd’hui nous sommes lundi, lendemain d’un dimanche en famille, très souvent arrosé par les mineurs. Du coup nous n’en croisons pas beaucoup, mais ceux que nous voyons nous permettent d’imaginer les dégâts…













Le plus jeune a aujourd’hui 21 ans, mais en fait bien 30. Il a commencé à travailler dans la mine à 13ans, bien que les textes de lois boliviens interdissent le travail des moins de 18ans. Le plus vieux a réussi à atteindre 40ans, qui est l’espérance de vie d’un minier. Tous ont les joues gonflées par les feuilles de coca qu’ils mastiquent, ça leur permet de mieux respirer, d’oublier la faim et de trouver le travail dans la mine moins pénible.



Plusieurs postes sont à pourvoir dans la mine : les « chercheurs » de minéraux, armés de perforatrices et de dynamites, les « transporteurs » qui acheminent les minéraux des chercheurs grâce à des wagons qui roulent sur des rails précaires et les « réceptionnistes » qui renvoient les minéraux vers l’extérieur. Le travail se fait en équipe mais ils sont payés individuellement et au rendement. Leur équipement ils se l’offrent, ainsi il n’est pas rare d’apercevoir des miniers mains nues.








Un autre personnage que nous croisons dans la mine est Tio, le dieu de la mine créé de toutes pièces par les européens. A l’époque des conquistadors, lorsque l’Espagne exploitée les mines, c’étaient les indiens qui descendaient dans les mines. Un jour les indiens se sont rendus compte que l’homme blanc ne descendait jamais dans la mine. Du coup ils ont décidé de ne plus travailler autant. Mais cette attitude se répercuta sur les rendements. Pour ne toujours pas descendre dans la mine et pour forcer les indiens a travailler efficacement, les espagnols ont créé Tio pour les surveiller. Et cela a marché. En plus de reprendre le travail, les miniers effectuent des offrandes chaque jour à Tio : cigarettes, alcool, feuilles de coca, tout ça acheté par leurs soins.

La mine est gérée par une coopérative. Ainsi, une partie de l’argent de notre visite y sera versée directement. En cas d’accidents, la coopérative aidera la famille du minier pour les frais hospitaliers.
Pendant plus de 4heures nous avons circulé dans ces galeries. Quel plaisir d’en ressortir… Impensable d’imaginer les miniers travailler plus de 8heures par jour dans cet enfer et dans ces conditions… Les visites de la mine de Potosi, un moment fort de notre voyage en Bolivie.


De retour en ville, nous pensions visiter la casa de la Moneda où était autrefois frappée la monnaie bolivienne et même européenne, mais nous voilà parti explorés la tambouille bolivienne avec nos collègues mineur… On discute encore et encore avec nos nouveaux amis, notamment avec Selim et notre couple d’origine israélienne. Pour nous c’est l’occasion de comprendre un peu plus les israéliens en voyage… Ceux que nous avons rencontrés jusqu’ici ont eu des comportements étranges, mais nous n’avons pas vraiment envie de les cataloguer et de les ranger dans la case malpolis et sans-gêne. Pour eux, les français sont les seuls à être aussi polis (si si, vous avez bien lu !), du moins dans les boutiques françaises les vendeurs sont très polis. En Israël, il est peut commun de se saluer pour le plaisir. Il faut connaître les gens. Autre point important, les israéliens qui voyagent aujourd’hui sont des jeunes qui viennent de finir leur service militaire et voyagent pour la première fois et souvent avec peu d’argent… Du coup ils ne disent pas bonjour, se comportent comme chez eux et sont limite agressifs avec les vendeurs pour obtenir des prix plus bas… D’ailleurs certains aubergistes disposent de quota : pas plus d’un couple israélien en même temps…
Le temps défile toujours aussi vite et pour nous il est déjà l’heure de se diriger vers la gare routière ! La journée fût riche en événements et en rencontres… Tant pis pour la casa de la Moneda !

Des femmes qui font les travaux de rue…
Et puis c’est parti pour une nouvelle nuit dans le bus, direction la frontière avec l’Argentine… Cette fois, on prend le duvet au cas où !




























































