Le réveil est dur, surtout qu’en pleine nuit j’ai eu le malheur de me lever pour aller aux toilettes… Ne jamais se lever en pleine nuit pour aller aux toilettes, on ne sait jamais sur qui on peut tomber… Cette nuit, pour une raison inconnue, la porte de l’auberge n’est pas fermée… Il est 3heures du mat’ quand un mec s’approche de moi dans le noir et me parle en espagnol. Il veut savoir le prix de la chambre… Et me voilà qui m’emmêle les pinceaux entre coche et cama… Le type ne comprend rien, et s’approche de moi… Je panique un peu, il me prend pour une brésilienne… Bon je fais quoi là ?! Je flippe un peu, mais je suis un peu trop bien élevé ou sûrement trop bête, je reste pour lui essayer de l’aider, pas trop rassurer… Il se rapproche de moi… Bon je me sens vraiment pas à l’aise dans mon mini short là… Ouf mon chevalier blanc débarque en short de pyjama, l’air pas très frais… Il renseigne le type et me dit de m’enfermer dans la chambre… 5 minutes plus tard Azz revient et le type n’est plus là ! Visiblement il a réveillé le gérant !
On reprend la route, enfin la piste rouge… Il fait frais dehors et dans la voiture et la piste se devine… Le soleil finira par se lever dans notre dos, nous sommes aux premières loges ! Superbe ! Des toucans volent au dessus de nos têtes pendant que nous profitons des lueurs de l’aube… Magie de la Bolivie !






La route pour retourner à Conception se fera tranquillement. On s’arrêtera un peu moins souvent, sauf pour répondre aux questions d’un militaire… C’est quand on est pressés par le temps que forcément les gens ont décidé de nous en faire perdre ! Sur la route de terre, un camion bâché à l’arrêt, un chauffeur, 2 militaires… Pour une raison inconnue l’un d’eux décide de nous contrôler ! Comment ça nous avons des têtes pas nettes avec nos cernes de 10 centimètres de profondeur ! Il veut nos passeports… Ouf, hier nous avons eu la bonne idée de faire des photocopies de nos passeports… jamais donner son passeport à qui que ce soit, sauf à un policier de la police touristique ! Il vérifie, tout va bien, il nous rend tout ça, et nous demande enfin : avez-vous des armes ?! Euh oui, bien sûr ! Du coup il veut fouiller nos sacs, particulièrement celui d’Azz… Et manque de chance, Azz refuse. Un deuxième militaire vient contrôler les papiers de copains, une boule se forme dans mon ventre… C’est quoi ce délire… Azz décide de montrer au militaire ce qu’il a dans son sac mais le prévient que lui n’a pas à fouiller son sac, ce n’est pas son rôle… C’est tendu mais ça passe… Azz lui présente l’intérieur de son sac en oubliant quelques poches, celles des armes de piratage, son PC… La nouille n’y verra que du feu et redemandera à Azz s’il est bien français… De l’autre côté, l’autre militaire est plus sympathique et affiche un sourire… C’est bon on nous laisse partir !
Notre voiture part en trombe… On a tous eu peur à notre échelle. Nath s’est imaginée future Ingrid Bétancourt en cette période d’élection et moi toute nue sur le bord de la route… Ah l’imagination ! 4heures plus tard, nous quittons enfin la piste… Des acclamations et des olas s’élèvent de tous les coins et recoins de la voiture pour féliciter François et sa conduite ! Merci !!




J’avais oublié la nouvelle crevaison !


Notre arrivée à Conception fût marquée par une énorme queue devant la station service ! Une cinquantaine de voitures attend que les camions citernes remplissent les pompes… Un sacré bazar pour cet hameau ! Surtout qu’en sens inverse c’est le cortège pour le maire Intel… François passe à droite, à gauche, évite sagement la maison chez qui nous avions réservé une chambre et nous voilà devant le cortège au pied d’un joli petit cimetière ! Un peu plus loin nous sommes devant l’église… fermée ! Mais dans ce village, il faut juste trouver qui a la clé de l’église pour la visiter… Heureusement c’est le musée voisin qui détient les clés et nous propose de découvrir l’église et le musée en contrepartie d’une légère somme ! Pas de soucis ! Le musée n’a rien de transcendent mais nous permet de découvrir l’homme de la situation : Hans Roth, architecte allemand qui passa une bonne partie de sa vie à restaurer les églises. Euh je viens de me rendre compte que je ne vous ai même pas parlé des missions en tant que telles ! Alors c’est parti pour 2 lignes d’histoire ! A la fin du XVIIème siècle des missions jésuites virent le jour en Bolivie pour évangéliser les indiens. « En 1767 le roi d’Espagne Charles III décida d’expulser les jésuites d’Espagne et des Amériques, car il ne supportait pas leurs critiques, mais aussi poussé par certains qui désiraient s’approprier en Amérique le territoire prospère et très bien géré des Reducciones. Au Portugal, donc au Brésil voisin, le même drame se produisait, et cela causa des souffrances immenses aux populations amérindiennes protégées par eux, tant au Paraguay, qu’en Argentine et au Brésil ainsi qu’en Bolivie. Le remarquable travail des jésuites tomba à la merci des pillards et des profanateurs. La décadence fut immédiate pour beaucoup de missions surtout celles d’Argentine, du Paraguay et du Brésil. En Bolivie cependant, leur œuvre se maintint et se développa au fil des générations jusqu’actuellement. » (Wikipédia, il raconte mieux que moi !). En 1991, après d’incroyables travaux de restauration, notamment ceux d’Hans Roth, les missions jésuites boliviennes deviennent Patrimoine Culturel et Historique de l’humanité.



Défilé pour soutenir un candidat


Le petit cimetière


Hans Roth !






A l’intérieur c’est catéchisme…



Dehors, ça parle élections, et c’est du sérieux…
La petite église est bien jolie, du moins à l’extérieur. A l’intérieur, elle est un peu trop chargée et les tableaux décrivant le chemin de croix de Jésus sont assez simplistes. Allez hop, on se fraye un chemin sur la route pour San Javier… On croise les doigts pour avoir assez d’essence… Tout va bien ce n’est pas aujourd’hui que nous testerons le stop en Bolivie ! Nous voilà de retour à San Javier, cette fois pour découvrir la plus anciennes église. Une nouvelle fois s’offre le luxe du musée avant l’église ! Celle-ci, en rénovation est vraiment charmante. Pas de dorure excessive, pas de couleur flashante… Tout est neutre, ancien, lumineux et sobre… Sympa ! Avant de retourner à Santa Cruz, un petit tour en ville s’impose ainsi qu’une bonne salade de crudités !


Un cowboy et son troupeau
















La charmante église de San Javier









Sur la route !
Nous arriverons à l’heure voire en avance à Santa Cruz, pour notre bus direction Sucre. Sauf que voilà, rien n’est simple aujourd’hui. Notre loueuse de 4×4 devait venir chercher notre cher petit, mais à la gare… personne… François fait le guêt hyper relax. En attendant, on attend… 16heures15 approchent, Azz file retrouver François. Avec Nath le voyons revenir au grand galop direction la télé boutique… Oups, ça sent le roussi… Nath le rejoint, Azz est à la voiture et je vois le temps défiler… Que faire ? Je ne sais pas ce qu’il se passe. Je préviens le type du bus que nous sommes un peu en retard… Pas de problème, pas de problème ! Je cours à la télé boutique, la loueuse nous a oubliés, ce qui n’inquiète pas François… Pas de problème il y a une agence à Sucre, on pourra y déposer les clés… Du coup François court à la voiture, je repars devant le bus, Nath est au téléphone avec la loueuse et Azz me rejoins. On devrait enfin pouvoir partir, enfin pouvoir dormir après ces deux longues journées peu reposantes… Et zut, il faut payer une taxe de gare routière dans ce pays… Bon on court dans toute la gare, on va s’en sortir ! Résultats des courses, nous voilà tous les quatre dans un bus local de chez local, nous qui avions rêvé d’une bonne nuit dans un cama… Et comme si cela ne suffisait pas, nous ne sommes pas vraiment sûrs que nos bagages soient dans le même bus que nous… Note pour plus tard, ne jamais businesser l’horaire d’un bus !
Alors ce bus local de chez local ? Qu’en est-il ? Et bien, à peine partie, un type se lève et se place dans le couloir… Ses che et ses Brazil le trahissent : un brésilien vendeur de bracelets… Attention attention, pas n’importe quels bracelets, des bracelets contenant des planètes !! Des bracelets indéformables ! Des bracelets portent bonheur ! Des bracelets camelote ! Mais il faut croire qu’il vend bien son produit vu le nombre incroyable de ventes qu’il fera aujourd’hui ! Soit le type est fort, et il devrait penser à faire évoluer sa carrière en passant aux métros parisiens, soit les boliviens sont de bons acheteurs… Une fois ses ventes finies il descend du bus… Normal ! Azz le suit des yeux et remarque un type qui urine sur notre beau bus, puis qui remonte dans le bus… C’est quoi ça !
Et hop, ça continue ! Le jeune homme derrière nous, qui nous paraissait un peu bizarre, se lève à son tour… On comprend qu’il est acteur et chanteur et paf, c’est parti pour un tour de chant ! Là ça marche beaucoup moins ! Malgré les vibes dans tous les sens, peu lui donneront… Le voilà qui descend à son tour. Cette fois personne n’urine sur le bus, mais des vendeuses de je-ne-sais-pas-quoi tentent de sauter par les fenêtres pour rentrer dans le bus nous vendre tout un tas de trucs indescriptibles… Un peu plus loin le bus s’arrête, fait descendre un voyageur. Au lieu d’un nouveau voyageur, ce n’est pas un, pas deux, mais bien une bonne dizaine de vendeurs de tambouille qui s’agglutine dans le couloir du bus, jusqu’à ne plus pouvoir bouger ! L’exercice est périlleux, il faut tenir son plateau de brochettes (ou autres) et vendre sans en renverser sur les voyageurs, et bien sûr le bus avance ! Doucement certes, mais il avance ! Ce folklore finira par se dissiper une fois que les lumières se sont éteintes dans le bus… Assez rapidement je dois dire !
Et là aussi, je sais qu’elle va dire que c’est trop tard, mais ma tête de poissou me manquait et comme c’est mon blog, je fais ce que je veux ! Bon Anniv ma belle !


