J311 – Des retournements de situation et en route pour la Bolivie ?! 8 mars
Dimanche, 21 mars, 2010Une bonne partie de la nuit, nous avons cherché à obtenir le wifi dans l’auberge, enfin nous avons plutôt tenté de squatter illégalement le wifi du bar voisin… Le hic, c’est que seul mon PC peut capter les clés wifi… Vu son état de plus en plus critique, ce ne sera pas pour ce soir… Bref une nuit plutôt courte puisque ce matin l’opération sauvons-la-dent-d’Azziz est lancée !
6heures : nous sommes debout. On prépare les sacs à dos sans réveiller tout le monde, prenons le petit-déj avec Masa (le japonais), et filons en ville…
8heures et des poussières : arrivée devant chez le dentiste.
8heures et un peu plus de poussières : nous pénétrons chez le dentiste accompagné d’un assistant qui nous parle en portugais. Visiblement il faut attendre jusqu’à 9heures…
Pendant ce temps : nous réfléchissons au déroulement de la journée. A 10 heures il faut que tout soit finit pour que nous puissions prendre le train de mort avec les copains, direction Santa Cruz en Bolivie. A 9heures et des poussières il est convenu que je retourne à l’hôtel pour tenir au courant les copains…
9heures pile poil : un type ressemblant à une armoire à glace rentre dans la salle d’attente. Il s’assoit à côté d’Azz, lui met la main sur la cuisse et se met à lui parler en portugais.
9heures et quelques poussières : Azz balise en se demandant qui est ce type !!
9h01 : nous comprenons que c’est le dentiste ! Azz respire à nouveau !
9h02 : nous entamons un dialogue de sourds. Lui en portugais, nous en anglais espagnol avec des ch et des Brazil !
9h05 : un type assit dans la salle d’attende, un bon quarantenaire portant un appareil dentaire (ils sont très coquets les brésiliens) nous dit qu’il parle anglais, japonais et qu’il est brésilien… La situation se décante…
9h10 : tout le monde se comprend et surtout nous comprenons que le dentiste a un petit problème technique avec son matériel. L’opération Sauvons-la-dent-d’Azziz semble mal engagée.
9h11 : le dentiste a un frère dentiste… Normal ! Et se propose de l’appeler pour voir s’il peut prendre Azz d’urgence…
Pendant ce temps : Azz entame une discussion en anglais japonais avec monsieur appareil dentaire !
Presque 9h30 : Le dentiste vient nous serrer la main, nous prête un assistant pour nous emmener chez son frère… Et accessoirement nous averti que la consultation et les éventuels travaux engagés seront gratuits !!
9h30 : l’opération sauvons-la-dent-d’Azziz est maintenue et semble être entre de bonnes mains !
9h32 : nous sommes dans le taxi de l’assistant qui nous parle plein de ch et de Brazil dans la bouche… On ne comprend rien ! Il nous emmène à l’autre bout de la ville. Je ne me repère pas et je sens que je vais avoir du mal à prévenir les copains…
9h38 : nous sommes assis chez le frère du dentiste, dentiste aussi…
9h45 : l’assistant nous quitte, nous souhaite bonne continuation et a averti le frère du dentiste de notre présence.
10heure pile poil, si si j’ai regardé ma montre (que je n’ai plus depuis le Vietnam d’ailleurs !) : nous entrons dans le cabinet du dentiste, une armoire à glace lui aussi… L’opération semble enfin aboutir…
Jusqu’à 10h45 : radio, fraises, et autres instruments de torture sont utilisés dans le cabinet… L’opération sauvons-la-dent d-Azziz est entre de bonnes mains. L’assistante, qui mâche du chewing-gum et répond à son téléphone portable ne semble pas aussi motivée que le frère du dentiste pour que l’opération soit couronnée de succès…
10h45 : Azz n’a plus mal, il a reçu 3 anesthésies… Le dentiste est satisfait de lui. Il regarde sa montre et est en panique… Ah oui, c’est qu’il y a du monde dans la salle d’attente… Nous le saluons et le remercions de tout cœur… Il semble nous souhaiter pleins de bonnes choses avec ses ch et ses Brazil…
10h46 : l’opération sauvons-la-dent-d’Azziz est un succès, et grâce à l’incroyable gentillesse des brésiliens, elle ne nous aura rien coûté… Note pour un futur voyage au Brésil : ne pas prendre d’assurance complémentaire !
Allez, nous galopons vers la pousada (l’auberge version Brazil !). Plus de copains, mais nos 4 enfants sont toujours là (si vous avez bien suivi, il y a Masa le japonais, Ryan le londoniens et les 2 canadiennes dont nous ne connaîtrons jamais le nom !). Un mot des copains se demandant où nous étions puisqu’ils ont fait un tour chez le dentiste et qui leur a assuré qu’à 9heures nous étions repartis avec une dent réparée ! Il faut dire que les copains parlent bien mieux portugais que nous !
Allez on continue sur notre lancée ! On récupère les sacs, nos enfants s’activent aussi… On paye nos lits et demandons des explications pour passer la frontière bolivienne… On a les explications, tout le monde est prêt à partir… La réceptionniste nous coupe dans notre élan et nous prévient que la frontière brésilienne est fermée jusqu’à 13h30… Mais on peut passer comme ça, il ne faudra juste pas remettre les pieds au Brésil pendant quelques années… Ne sachant pas de quoi est fait demain, on préfère y renoncer… On tentera de passer les frontières à 13h30 et d’avoir le train du soir… Le train de la mort, c’est le cas de le dire, c’est mort pour nous… Adieux le transport local de chez local qui nous faisant tant rêver… Adieux la nuit avec les poules et le bétail… Adieux la nuit blanche d’Azz qui craint que nos bagages à main disparaissent… Bonne chance les copains et les rondes à 2 !
En attendant, nous squattons le câble Internet de la pousada… Yes, je vais mettre à jour le blog ! Ah non, le PC ne démarre pas ou bug ! Bon ben tant pis, vous restez en Argentine !
A 13heures on s’active enfin ! Enfin toute la petite famille s’active… J’explique aux uns et aux autres que nous devons trouver les taxis pas loin de l’hôpital. Ah bon, vous n’avez pas demandé pour qu’un taxi vienne nous cherchez directement à l’auberge ? Euh non jeune padawoune, s’il vient nous chercher on ne buisinessera pas et hors de question de payer le triple car nous sommes trop fainéants pour marcher 300 mètres…
On y est enfin. Un mec se propose de téléphoner à un pote taxi… Douteux, mais pourquoi pas en attendant qu’un autre taxi arrive. En attendant nous nous organisons : nous sommes 6 et à moins d’en mettre 2 voire 3 sur le toit, ça ne va pas le faire ! Azz et moi avions repéré des moto-taxi qui pour 7relas nous ramènent à la frontière… On est hyper motivés, ça nous rappellera l’Asie ! Sauf qu’à trop montrer notre enthousiasme, on motive Masa… En même temps le taxi arrive, tient le chauffeur de la veille que François a envoyé bouler… Heureusement il n’est pas rancunier et Azz arrive à baisser les prix et même à le faire rire… On peut monter à 5 dans le taxi, hyper économique donc… Tant pis pour la mode asiatique, on laisse Masa sur la moto ! Il est ravi et nous un peu serré dans le taxi, tous les deux sur la place passager avant, à nous cacher de temps en temps quand il y a la police pour ne pas que le chauffeur ai une belle amende…
Le chauffeur n’arrête pas de nous parler de François… On se sent un peu mal à l’aise, mais arrivons à le faire rire et à lui faire comprendre que François c’est François et que nous, ben c’est nous ! L’ambiance est donc détendue, on comprend de plus en plus le portugais et parlons plus l’espagnol en ch et en Brazil ! Notre nouvel amigo est cependant obligé de nous laisser partir… Bilan sur notre courte excursion au Brésil : les gens sont géniaux, chaleureux et vraiment gentils ! Pas une fois nous avons fait attention à nos affaires. Il semblerait que les problèmes de sécurité soient essentiellement à Sao Paulo et Rio de Janeiro. On mange bien au Brésil ! Hormis le délicieux riz, il semble qu’il y ai de délicieux fruits exotiques… Nous avons juste goûté le Asahi, une sorte de myrtilles hyper rafraichissante ! Bref le Brésil, nous reviendrons !
Je sais, je sais, c’est un peu long à lire tout ça, surtout pour celle qui ne lit que les images (elle se reconnaitra !)… Allez courage, c’est presque fini… Quoi qu’il n’est que 13h30…
Arrivés à la frontière brésilienne, une importante queue nous attend… Bon ben faisons là. La frontière ouvre vers 14heures, pas très ponctuels les gars ! Mais par contre ça va très vite. En deux temps trois mouvements, c’est tamponné nous sommes en no man’s land. Juste pour info, la frontière brésilienne ne fermait pas à 11heures mais à 11heures30… Grgrgrgrgr ! Nous passons côté bolivien, plus sommaire… Pas d’ordinateur pour scanner les passeports, pas de vitres nous séparant du douanier… Mais avant de nous frotter plus à l’administration bolivienne, nous apprenons que le Brésil s’est trompé sur la date du tampon de sortie…On ne pensait pas revenir au Brésil si tôt !
Ca y est nous sommes définitivement en Bolivie, et les boliviens ont l’air plutôt sympa ! Un peu carotteur vu les prix des taxis, mais ça doit être exclusivement à la frontière… Pas vrai ? A notre petite famille s’ajoute 2 suédois plus débrouillards que nos enfants. On partage un taxi avec eux et direction la gare ferroviaire. Maintenant il faut attendre 15heures que le guichet ouvre… Pendant ce temps, les canadiennes surveillent nos sacs, les uns les autres vont chercher de l’argent. Nous reviendrons bredouilles contrairement aux autres… Visiblement il faut prendre un taxi pour retourner au niveau de la frontière et là il y a un distributeur d’argent.
Le guichet de la gare ouvre, tout le monde s’y engouffre. Devant nous quelques boliviens, un groupe de touristes, les suédois et Ryan qui nous avance l’argent. Quand arrive la tour des suédois, c’est la panique : plus de place dans le train de ce soir… Du coup ils en achètent pour demain. Le mec du guichet leur demande 20 Reals sinon il ne leurs donne pas leurs billets de train qu’ils viennent d’acheter… Ca craint légèrement… Espérons que ce ne soit qu’à la frontière… Au tour de Ryan, même si on sait qu’il n’y a plus de places… Ah ben tient, en voilà juste une ! Ryan l’a prend après avoir consulté Masa… Allez c’est à nous… Il n’y a plus de place en effet… Mais le type nous dit d’attendre un peu sr le côté, il pourrait y avoir quelques places de libre en fin de journée… C’est quoi ce délire ?! Attendons, on verra bien !
Pour patienter, on file en taxi à la banque ! On ne paie que 10 boles la course, alors que certains de nos enfants ont payé jusqu’à 10 reals… Peut-être ont-ils pris leur envol un peu tôt… Bon pour une raison inconnue la banque n’accepte que les cartes boliviennes…Du coup on file au bureau de change voisin où l’on businesse le taux de change… De retour à la gare, c’est l’attende infernale… On guette le moindre changement du type au guichet qui nous dit à chaque fois de revenir plus tard… On guette la moindre arrivée d’un client… S’il y a des places, elles sont pour nous…
Après avoir harceler le gars une bonne dizaine de fois, nous y voilà enfin… 4 places se sont libérées et nous sommes 5… Masa cède gentiment sa place pour que les deux canadiennes en profitent. Mais le type lui dit d’attendre, on ne sait jamais. Et rebelote, l’attente infernale… Mais on a nos places !!! Et sans payer de sup !! Un type de la sécurité viendra nous parler… Il nous demande d’où on vient, où l’on va en Bolivie et tout et tout… Moment super sympa… Un autre viendra plus tard, et nous demande des trucs bizarres du genre combien de temps il faut pour rejoindre la France de la Suède en bateau… Un peu plus tard je lui présenterai Azz en disant que c’est mon mari, il file au galop… Est-ce qu’il essayait de nous carotter ? Aucune idée…
Le couperet tombe : Masa partira malheureusement demain avec les suédois… Mais il le prend bien, tant mieux ! On quitte donc notre petit japonais et nos deux suédois et nous voilà avec Ryan (le plus débrouillard de nos enfants) et nos deux canadiennes qui se laissent complètement porter… C’est parfois pénible…
On fait enregistrer nos bagages, le type demande 5boles par bagages… C’est quoi ce délire ?! Azz se renseigne, c’est absolument gratuit ! Mais par peur qu’on nous perde accidentellement nos sacs, on donne juste 5 pour deux. Azz dit au type, la prochaine fois tu me dis « Amigo paies moi un café ! et là j’aurais compris, mais n’essaie pas de me carotte… » tout ça en espagnol, vous l’aurez compris !
Longue journée pour nous… Beaucoup d’incertitudes mais ça se terminera bien. Nous sommes en Bolivie ! Enfin ! Nous sommes hyper contents d’être là. Et pour l’instant les allées de terre de la ville frontalière, les boui-bouis aux marchandises coûtant rien du tout, les discutions avec le type du guichet et l’agent de sécurité, le fait de pouvoir à nouveau marchander… On se sent BIEN !!! On sent tout de même qu’il va falloir qu’on soit plus vigilants sur les prix et qu’il va falloir qu’on fasse plus attention à nos affaires, mais on le sent BIEN !!
Dans le train, on nous sert un repas ! Pas mal… Puis un film… Une fois les lumières éteintes, je sombrerai pratiquement toute la nuit…